Suivre la traçabilité depuis l’extraction jusqu’à l’exportation

La gestion de la filière or à Madagascar a fait l’objet d’un atelier national organisé les 20 et 21 avril 2017 à Antananarivo. L’objectif est la formalisation du secteur aurifère dans le pays, dominé depuis des années par des exploitations illicites  et des phénomènes de ruées. Ainsi tous les acteurs et parties prenantes dans ce secteur sont invités par l’Agence nationale de l’or (ANOR), sous l’égide du ministère auprès de la Présidence chargé des mines et du pétrole.

On connait que la filière or à Madagascar est encore fortement caractérisée par les activités informelles. Partout dans le pays de nombreux éléments ne sont pas encore maîtrisés dans ce secteur. Ainsi, l’Anor précise que la formalisation des orpailleurs et des collecteurs ce n’est qu’une des étapes à passer pour assurer des retombées économiques pour l’Etat, les collectivités décentralisées et  la population. Cet objectif ne peut être atteint sans la maîtrise de la traçabilité de l’or, depuis l’extraction jusqu’à l’exportation.

Ce programme de formalisation concerne également la gestion des activités d’orpaillage et de collecte d’or et aussi la mise en place de dispositifs juridiques et organisationnels pour l’harmonisation de la commercialisation de l’or.

Depuis la levée du monopole de la Banque centrale de Madagascar (BCM) sur la commercialisation et l’exportation d’or, l’Etat compte régulariser la filière à travers des différents programmes lancés ces deux dernières années. Outre la BCMM, bon nombre d’entités étatiques, notamment les communes, des départements ministériels, des membres de la société civile, ainsi que quelques ONG sont tous concernés sur cette filière.

Des chiffres encore largement insuffisants

Après la mise en place de l’Anor en 2015, une campagne de sensibilisation a été menée auprès de tous les acteurs dans cette filière dont l’obligation de déclaration de stock d’or.  Les résultats sont motivants, 580 kg de stock d’or  durant l’année 2016 et 835 kg ont été déclarés pour les trois premiers mois 2017. « Cette quantité peut être atteinte avec  une meilleure collaboration avec les Collectivités territoriales décentralisées », a déclaré le ministre, Ying Vah Zafilahy, lors de l’ouverture de cet atelier national .

Cette obligation de déclaration de stock d’or a permis d’obtenir ces chiffres encourageants, mais encore largement insuffisants. Durant la colonisation, le stock d’or déclaré à Madagascar a déjà atteint les trois tonnes.

Durant cette rencontre, La redéfinition  des activités de tous les acteurs et entités dans le secteur aurifère a été également un des sujets abordés. «La commercialisation de l’or doit passer impérativement par les comptoirs commerciaux. Par contre, de nombreux collecteurs sautent cette étape et passent directement à l’exportation. La lutte contre les exploitations et les exportations illicites d’or à Madagascar relève de la responsabilité de plusieurs entités, à l’instar du ministère des Mines, le ministère des Finances, la direction des douanes, le ministère de l’Intérieur, celui du Commerce et le ministère de la Défense nationale», a conclu le ministre Ying Vah Zafilahy.

Le nombre d’orpailleurs œuvrant dans l’informel est estimé à 500. 000 actuellement. La régularisation de leur situation n’est pas une tâche facile pour l’Etat en raison de la lenteur administrative, la méconnaissance du cadre réglementaire, et l’existence des opportunistes dans la filière.